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Le meilleur moyen de connaitre le monde c'est en l'écoutant.

Le Loup Bleu - L'accident de bus

Le Loup Bleu - L'accident de bus

"Si seulement j'avais su à ce moment là, je lui aurai laissé cette foutue place avec plaisir."

"- Allez bouge de là ! C'est moi au milieu !

- Tu rigoles ?! Matt y était la semaine dernière ! C'est donc à moi maintenant.

- Je suis après Mathis ! Pas vrai ?

- C'est vrai, confirma celui-ci en me faisant un clin d'oeil.

- Oh ! Cabrón ! Il t'aime ! Il ira dans ton sens pour te faire plaisir dans tous les cas, se plaignit mon amie. Et toi Elsa, t'en penses quoi ?

-Aïyana à raison ma belle, désolée...

-Tu fais chier Bluewolf !"

Je souris à mon amie avant de m'assoir  à la place qui me revenait de droit.

Si seulement j'avais su à ce moment là, je lui aurai laissé cette foutue place avec plaisir.

"- Attachez vos ceintures, on part, on arrivera en Espagne dans deux heures environ. Non non non ! Ne soufflez pas ! Je suis responsable de vous. Je passe vérifier."

Notre prof d'espagnol a commencé à faire le tour du bus sous les soufflements en obligeant peu à peu les quelques éleves détachés à s'attacher.

"- Mme Percy ?"

La voix provenait de l'avant du bus. Celle-ci se retourna immédiatement vers son interlocuteur.

"- Nous devons partir, nous n'avons pas le temps, nous sommes déjà en retard."

Elle a alors soufflé avant le se diriger à l'avant pour rejoindre sa place.

"- Les premiers que je vois détachés passent devant. Aïyana, tu es en plein milieu... Je te vois que crois-tu ? Attache toi tout de suite."

Elle m'a transpercée de ses yeux bleus aussi profonds que l'océan et ce fut à mon tour de râler en attachant ma ceinture. Le problème du milieu. Et moi qui croyait être tranquille...

"- Tu as peu être la place du milieu, mais moi je peux ne pas être attachée ! Me lança Camille en riant.

- Ce n'est pas un concours, râla Elsa, c'est une question de sécurité !

- Ah bon ? Alors pourquoi je ne vois pas ta ceinture, lui répondi mon amie."

Touchée. Coulée. Elsa l'a regardé quelques secondes la bouche béante à la recherche d'une réplique cynglante mais rien ne vint alors elle choisi de se détourner vers Mathis pour qu'il lui porte secours.

Le bus démarra à cet instant précis.

De ma place je voyais très distinctement le chauffeur. C'était un homme d'âge avancé aux cheveux gris, il portait d'énormes lunettes lui rendant les yeux tout aussi gros. La moitié de son visage était couverte par cela ! L'autre moitié était couverte d'une barbe de quelques jours, abordant la même couleur que ses cheveux.

Il était habillé très simplement avec une chemise chocolat rentrée dans un jean.

Notre prof discutait avec lui en riant, leur discution avait l'air vraiment passionnante. Je me demande de quoi ils parlaient.

"- Aïyana ? Allô la Terre ? Tu m'écoutes ?

- Pardon Matt, tu disais ?

- Ah ben super ! On se demandait ce qu'on avait l'intention de faire à Huesca cette semaine pendant nos heures libres.

- Oh...

- Ne me dit pas que tu n'y as pas réfléchi ! S'exaspéra Elsa.

- Voyons chérie ! Il y a plein de choses à faire !! Matt, chiant comme d'habitude voulait aller visiter la ville et les alentours... Elsa et moi avions choisi de faire les boutiques et de goûter aux coutumes locales !

- Visiter est un très bon moyen d'en apprendre plus sur les us et les coutumes ! Répondi Matt."

Sans nous concerter, nous levames les yeux au ciel en coeur.

"- Et c'est un excellent moyen de recontrer des gens du coin, de faire ami-ami avec les garçons, lança-il en nous faisant un clin d'oeil

- Ouuh, touchée. Dit Elsa. Les gens du coin tu dis...

- N'oublie pas le reste de la phrase..

- Ça me plaît ! Décida elle. On devrait peu être laisser un peu d'espace dans notre emploi du temps pour decouvrir quelques coins de la ville... Vous en pensez quoi les filles ?

- Je marche !

- Je marche aussi, dis-je. J'aime suivre les coutumes !

- Ça dépend lesquelles, dit Elsa. Mais les coutumes de Matt sont toutes bonnes à suivre, riat-elle."

Nous avons continué à discuter et rire comme ça pendant une bonne heure.

J'ai fini par me perdre dans la contemplation du paysage.

Les Pyrénées étaient vraiment magiques à cette période de l'année.

Tout semblait sorti d'un conte de fées.

Le soleil brûlant se reflétait sur les lacs d'azur et la nature semblait plus chatoyante que jamais.

J'ai même vu des biches courir au milieu des arbres lorsque nous longions la forêt !

A présent je ne pouvais m'empêcher d'admirer et de photographier le paysage magnifique qui s'offrait à nous.

Nous roulions le long la falaise, ce qui nous offrait une vue plus que dégagée !

Puis nous avons entendu le crissement aigu des pneuds.

Je me souviendrai toujours de ce bruit. Il hante encore la plupart de mes nuits aujourd'hui. Un bruit que je ne pourrai jamais plus oublier.

Le bus à dérapé au bord de la falaise. Je ne sais ni trop pourquoi, ni trop comment, mais le fait est qu'il a dérapé.

Et nous sommes tombés.

Nous avons fait une chute d'une dizaine de mètres le long de la falaise, qui, par chance, n'était pas très haute à cet endroit, avant de nous mettre à faire des tonneaux tout le long la pente et d'aller nous encastrer dans des arbres une soixantaine de mètres plus bas.

J'ai vu mes amis, détachés, ainsi que plusieurs autres élèves voler tels des poupées de chiffon à travers le bus avant de retomber au sol, inertes.

Il y avait du verre partout, et du sang, tellement de sang...

Je lui aurai laissé ma foutue place, je le jure, je serai prête à tout pour effacer ces images de ma tete.

Mais elles reviennent en force à chaque fois que je ferme les yeux.

Elles me hantent sans cesse.

J'entend encore le crissement des pneuds. Les cris. Le bruit du verre se pliant et du métal se tordant. Le son des corps heurtant le sol avec violence. Puis plus rien.

Plus aucun son ne m'est arrivé.

Je ne voyais que le sang couler le long du cou de ma meilleure amie se trouvant à mes pieds pour former une flaque grandissante.

Je ne voyais plus que ça.

Je ne sais pas ce qui s'est passé entre.

J'ai juste repris conscience à l'hôpital.

Mon bras droit était dans le plâtre, tout comme ma jambe opposée.

J'étais couverte de pansements.

Mais j'étais en vie.

Et j'étais la seule.

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